Le visage de la folle - MAX MILAN


Le Visage de la folle, MAX MILAN, édition Rivages/Noir, 2012.


Avez-vous fait une thèse ou êtes-vous en train d’en faire une? Si oui, il faut que vous lisiez ce roman ! Le visage de la folle de Max Milan publié aux éditions Rivages raconte l’histoire d’un étudiant en thèse, Aurélien Carelli. Comme d’habitude (dans la plupart des cas je dirais, ou peut-être dans tous les cas), ce doctorant en littérature  dont le sujet est complètement excentrique a un coup de folie et une envie de tout changer. Il va donc commettre des choses qu’on imagine normalement qu’en pensée. Si vous n’avez pas eu le courage de le faire, Aurélien, lui, va le faire.

En Birmanie il tombe amoureux d’une jeune femme, MaHae. C’est là-bas, dans ce pays où tout lui déplaisait (sauf elle !), que cet amour va lui déchirer le cœur.

Aurélien se trouve donc entre amour et haine et cherche de toutes les manières qui soient à obtenir une explication pour comprendre l’indifférence de MaHae.

5 ans après son retour de Birmanie, Aurélien qui n’a jamais pu oublier MaHae voit son visage au travers d’une vitrine d’un magasin chinois à Paris. La passion pour celle qu’il désire devient alors une obsession et, lorsqu’il décide de suivre MaHae, va alors nous plonger dans une ambiance de suspense en même temps qu’il nous emmène dans Paris.

Aurélien va être le témoin d’un crime dont il devient le principal suspect.

Toujours en fuite, il va malgré tout réussir à se retrouver seule avec MaHae dans une maison. L’atmosphère romantique et le fait (enfin !) de rencontrer sa MaHae adorée lui fait surmonter son obsession et le gentil Aurélien va d’abord passer quelques nuits (et jours) sans la toucher!!!

Mais, avec l’aide d’un puissant opiacé, le destin de MaHae est déjà tracé.  Leurs effets semblent pourtant se manifester principalement chez Aurélien, malgré son abstinence, qui lui devient alors un vrai mafieux.
La violence est la marque de toute la deuxième partie du roman. Police, torture, meurtriers. De vraies scènes cauchemardesques d’un romain noir se présentent alors. 

La fin (que je ne vais bien sûr pas vous raconter) manque un peu d’approche psychologique mais, quand même, on reste très loin de comprendre toute la complexité des pensées d’Aurélien.

Le visage de la folle est un roman qui nous emporte, un roman étouffant et effrayant. Plein de sensations d’intensité telle qu’on les ressent physiquement.

A lire sans faute !!!


 « Je décide de lui écrire encore une fois. Une lettre d’insultes. Une lettre de haine. Le lendemain dans la journée, je passe dans sa rue en taxi. Grondement sourd de l’orage. Rafales de pluie. Je me décide. J’ouvre la portière et je sors. Trempé. Je jette la lourde enveloppe par-dessus le portail. Elle va prendre l’eau. Tant pis. Ma tâche est accomplie, je vais pour repartir. Je lève les yeux. Elle est là, en ‘longyi’ bleu, à quelques mètres, elle se tient sous la pluie, ses grands cheveux déployés, ses yeux intenses sur moi. Je me fige. Brouillard de pluie. Elle, droite, immobile. Avalanches. Eaux qui s’acharnent, lettre détrempée. Une bourrasque. La lettre s’en va. MaHae trempée, noyée. De toutes mes forces, je serre les barreaux de la grille d’entrée ».